Mes activités

Vous vous demandez peut-être ce que vous pouvez faire de votre vie ? En effet, dans notre société, le « faire » passe souvent avant « l’être », et l’on a tous plus ou moins intériorisé cet ordre de valeurs.

Les études et le travail ont une place importante dans de nombreux projets de vie.

Des adaptations peuvent être mises en place pour pouvoir y accéder, mais ce n’est pas toujours suffisant. L’organisation de la société ne facilite pas assez l’accès aux études et au travail.

Il peut être très frustrant de devoir renoncer, de revoir ses ambitions ou de constater que l’on ne trouve pas sa place dans les circuits habituels.

Le travail procure non seulement des revenus, mais aussi, en principe, la satisfaction de se sentir utile et d’avoir une place au sein d’un groupe. Certains peuvent trouver cette satisfaction grâce à un engagement au sein d’associations, de groupements militants, …

L’accès à certains loisirs peut être compliqué voire impossible. Il faut parfois se résoudre à changer d’activités. Etre en situation de handicap n’empêche pas la pratique de certains sports ou de certaines activités artistiques ou autres auxquelles on ne s’était pas encore intéressé. En vous ouvrant à de nouvelles expériences vous trouverez peut-être de nouvelles satisfactions.

On peut aussi se tourner vers des activités ou des sports adaptés à différents types de déficiences. Cela implique, bien sûr, d’admettre que l’on a des besoins spécifiques et que, si certaines portes vous sont fermées… d’autres vous sont ouvertes.
Enfin, il faut bien reconnaître que le choix des activités se trouve souvent limité pour des raisons financières.

D’une part, les revenus des personnes en situation de handicap sont souvent peu élevés et grevés de charges liées au handicap.

D’autre part, lorsqu’elles ne sont pas soutenues ou organisées par le secteur associatif, les activités peuvent coûter très cher à cause des différentes aides humaines et matérielles nécessaires à leur réalisation.

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Inapte, la « sentence » est tombée définitivement lors de la dernière expertise. Le vocabulaire est assez proche du vocabulaire judiciaire… Le vécu aussi. Inapte peut être pour le poste que je tenais avant, mais inapte définitivement, qu’est-ce à dire ? La globalisation de l’inaptitude et de l’invalidité est trop violente, ce n’est pas par ce que j’ai des difficultés en position debout ou avec mes mains que je deviens définitivement inapte et invalide. Mais j’étais remplacée à mon poste, pas de possibilité de mi-temps pour un médecin, ancien chef de service, pour lequel la structure institutionnelle ne peut trouver un poste adapté. J’ai eu le sentiment que l’on me manifestait que je ne pouvais plus servir, à rien. Le sentiment que je ne valais plus rien. D’ailleurs, je reçois encore, trois ans après, ma feuille de paye avec un salaire de 0,00€, valeur symbolique de ce que je vaux aujourd’hui sur le marché du travail ! L’invalidité nie la potentialité restante de l’individu, le statut nous interdit de travailler même partiellement. Que c’est difficile de répondre à la première question que quelqu’un me pose dans une soirée « et vous vous faites quoi ? ». Et bien je ne fais plus rien, en fait rien d’officiel. Ne rien faire, être sans enfant, sans mari, voilà bien une situation sociale qui doit être farniente !

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Le statut d’invalide absolument incapable d’exercer une activité quelconque est la prison aux murs les plus hauts que j’ai connus. Enfermé dans cette perception sociale qui nie mes capacités, la restauration d’une image positive de moi-même est encore plus problématique…

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« Dans ma nouvelle réalité, je dois tenir compte de mon était physique actuel. Lorsque j’oublie cet état, l’envie me reprend. Un jour d’été, face à la mer – la mer qui m’appelait-, l’envie de courir vers l’eau me taraudait. Sauter au-dessus des vagues, me baigner, telle était mon envie… très forte. Mais ma réalité l’était plus encore.
‘J’ai pu et je ne pourrai plus…’ Souvent confrontée à ce genre de situation, je suis une jeune débutante en ‘vieillesse’. Aujourd’hui, je regarde le monde autrement.
Vingt secondes et tout bascule, Marie-Paule Fayt-Davin, éd Méhari, p. 87

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Florence Gravelier Championne de France de tennis en fauteuil roulant
Pour tous, porteurs d’un handicap ou non le sport est un formidable vecteur d’intégration.
Lorsque le handicap survient, à tous les âges de la vie, l’isolement guette l’individu et sa famille. Souvent l’enfant ou le jeune adulte handicapé se réfugie parmi les siens, qui le protègent, l’entourent et l’aident à atténuer la réelle complexité de la vie quotidienne. La tendance au repli sur soi est forte et insidieuse.
Le sport constitue un antidote à cet isolement. Source d’émotions et de passions, la pratique sportive met d’abord les personnes en situation d’inconfort et donc dans l’obligation de repousser leurs limites, de trouver des solutions, de se dépasser. A tous les niveaux, dans toutes les circonstances, pratiquer un sport quand on est handicapé, c’est avant tout retrouver sa légitimité, sa confiance en soi, se fixer de nouveaux challenges et se donner de nouvelles envies.
Enfin le sport a valeur de partage et quelle que soit la discipline choisie, les lauriers sont toujours collectifs. L’épanouissement trouvé par un enfant se reflète sur sa famille, sur son entourage et permet à chacun de cicatriser et d’avancer. C’est un jour, en montant sur les marches des Jeux paralympiques de Pékin, que j’ai sent la page de mon « enfance avec un handicap » se tourner. Et celle de ma vie d’adulte s’ouvrir toute blanche devant moi.

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Thérèse est une optimiste convaincue : « J’ai pratiqué le sport de compétition, il m’a inculqué la hargne et la maîtrise devant l’adversité. Croire que l’on peut toujours gagner. » Et elle a eu raison car après l’échec d’une première tentative d’adoption elle est partie chercher un enfant en Russie…
Oser être femme Delphine Siegrist p 125 et 127

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Le sport amène à avoir un regard positif sur le corps. La personne blessée découvre qu’il lui reste des possibilités à exploiter, aussi minimes soient-elles. Elle prend conscience qu’avec deux bras, deux mains elle peut vivre et ça vaut tout l’or du monde. Elle développe une mentalité de non-assisté. Quand elle vient faire du sport elle pense à autre chose, reconquiert son autonomie, se reconstruit….
Oser être femme Delphine Siegrist p 125 et 127