Parler de soi

Nous sommes des êtres de liens. Alors, quoi de plus naturel que de parler à d’autres de ce que nous vivons !

Comme il fait partie de votre vie, vous faites sans doute souvent allusion à votre handicap.

En parler peut vous aider à y voir plus clair en vous-même, pour vous décharger d’émotions difficiles, pour trouver des réponses à certaines questions ou encore pour partager votre expérience.

Et vous n’en parlez probablement pas de la même manière à tout le monde, que ce soit à des amis ou à des professionnels.

Les amis sont importants, surtout lorsqu’ils sont capables d’être simplement à l’écoute. Il n’est pas toujours évident de se confier, de se permettre par exemple d’exprimer ses peines et ses frustrations sans crainte de lasser, de blesser, d’attrister, d’inquiéter, d’être jugé, etc.

On peut parfois aussi provoquer des réactions déplaisantes : des conseils moralisateurs ou inadéquats, des encouragements maladroits, des questions indiscrètes, … Ce type d’échanges peut rapprocher ou au contraire amener à faire le tri parmi ses relations.

Certains professionnels de la santé sont peut-être devenus pour vous des confidents ou du moins des témoins importants de vos états d’âme, de votre évolution. Ou vous ressentez peut-être le besoin de dépasser le stade des confidences et d’effectuer un véritable travail sur vous-même, avec l’aide d’un psychologue ou d’un psychothérapeute.

Cela peut vous aider à trouver quelles sont vos forces et vos motivations profondes. Les professionnels formés à l’écoute offrent un espace dans lequel toutes les émotions peuvent être déposées et accueillies sans jugement, avec bienveillance.

Selon l’aide que vous recherchez, vous pourrez vous diriger vers différents types de professionnels, vers différents lieux d’écoute.

88
Anna, adolescence, déficience auditive « En cinquième, l’année dernière, les élèves de la classe se moquaient de moi. Ils me demandaient ce que c’était que ce caillou dans l’oreille. Mon appareil auditif… J’ai demandé à changer de classe. Cette année, les autres sont plus gentils avec moi, mais je ne les vois pas en dehors du collège.
Je ne vois que ma cousine, qui est dans le même collège que moi et qui est sourde, elle aussi »

70
(…. ) J’ai eu souvent ce sentiment que l’évocation de ce que je vivais était reçue comme une plainte. Et c’est une réelle souffrance pour moi : une valeur ajoutée à la parole, qui, progressivement m’interroge sur la limite de pouvoir prendre le risque de partager, en vérité, des événements difficiles et récurrents. Le souci de pouvoir ne pas être trop lourde pour les autres est devenu constant.
L’exigence de ne pas « en rajouter » est devenue fondamentale.
J’ai découvert qu’oser dire la souffrance peut mettre l’autre en pseudo-situation d’échec, par ce qu’il ne peut rien faire contre la situation présente…
…. Lorsque j’appelle par ce que je suis mal, j’attends simplement que l’autre puisse être tout bonnement là, oreille écoutante, bienveillante.