Ma vie affective et sexuelle

Chaque personne a sa place dans notre humanité. Vous n’êtes ni plus important ni moins important qu’un autre. Vous êtes qui vous êtes, avec votre personnalité, vos goûts, vos aspirations,…
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Vous êtes une femme ou un homme. Une évidence pour vous mais pas forcément pour votre entourage qui occulte peut-être cette part de votre identité.

L’épanouissement sur le plan affectif et sexuel fait partie des aspirations de la majorité des femmes et des hommes. Peut-être vous posez-vous des questions sur la manière dont vous pourrez vous réaliser dans ce domaine. Votre déficience fera-t-elle obstacle au niveau des rencontres, au niveau des actes ?

Etre reconnu par les autres en tant que personne humaine à part entière ayant droit à une vie affective et sexuelle est parfois bien plus qu’un rêve ! C’est un défi. Y parvenir, c’est une revanche sur la vie.

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« Comment j’imagine mon avenir ? Je me dis que ça ne va pas être facile, mais j’y crois. J’ai intégré une école d’ingénieur et il me reste deux ans d’études, dont un stage Erasmus de six mois à Barcelone. La maladie m’a changée, mais en bien. Je me sens plus forte et j’ai moins peur d’aller vers les autres. Plus tard, j’aimerais vraiment avoir des enfants. Je ne veux pas devoir renoncer à fonder une famille, alors si la recherche pouvait avancer, ce serait vraiment bien
Maelenn, atteinte d’une neuropathie optique de Leber, Déclic n° 174 Novembre-Décembre 2016, p. 29

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« J’ai vécu pas mal de discrimination en matière d’emploi, des mots, des phrases difficiles à interpréter et qui ont eu pour résultat de me freiner dans mon développement personnel, professionnel et affectif »
Ph. Walraff

49 A
« La parentalité m’a apportée une reconnaissance en tant qu’adulte que le fait de travailler ne m’avait pas apportée », explique Valérie B, aveugle et mère de deux enfants.
Oser être femme, Delphine Siegrist p.63, 64, 66

49 B
Dominique, handicapée moteur, parle de sa première grossesse comme d’un « défi. Une façon de prouver que moi aussi je pouvais être enceinte, que je pouvais être une femme. C’était très lié au handicap. » Oser être femme, Delphine Siegrist p.63, 64, 66

49 C
« Au départ je voulais un enfant pour prouver que je pouvais être une femme comme les autres, » avoue Christelle, infirme motrice cérébrale. » Et c’est vrai la grossesse ma rendue femme mais les difficultés après ! Avec ma fille j’ai pris conscience de mon handicap, car pour m’en occuper j’avais besoin d’aide. »
Oser être femme, Delphine Siegrist p.63, 64, 66

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J’ai appris à connaître mon corps. Mes premières relations sexuelles étaient fort décevantes, car je cherchais le plaisir comme devait le connaître la majorité des femmes. Cependant ma première relation était fort sensuelle. J’y ai donc appris les caresses. Ce n’est qu’une dizaine d’années après que j’ai accepté ma sexualité différente, axée sur les caresses. Après tout le but est de se faire du bien. Durant ces années j’ai appris à apprivoiser mon corps et l’image que j’en avais. Je détestais ce corps déformé par les cicatrices (une bonne quinzaine à mon actif ! hihi !), incapable de m’offrir le plaisir imaginé, ce corps par lequel j’ai eu mal (toutes ces interventions), ce corps par lequel j’ai été torturée. J’ai compris que je n’avais jamais vraiment habité mon corps : aucun contrôle sur l’évolution du handicap et abandon aux médecins et à mes parents de ce corps (pour qu’on me laisse tranquille).

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André, spina bifida « Personne ne m’avait jamais parlé des répercussions de mon handicap dans le domaine sexuel. Pourquoi personne n’y a-t-il jamais pensé ? Mes parents, les médecins ? Surtout qu’ils étaient au courant de certaines choses, puisque, le bruit m’était revenu que je ne pourrais pas avoir d’enfants….» (n° 217 http://www.asbbf.be/IMG/pdf/Andre.pdf)

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« En tant que chaisard, prêt à aborder n’importe quelle question fût-elle délicate, je me dois de signaler que malgré la gêne et l’interrogation curieuse que je décèle dans le fond du crâne de certains bipèdes, ma sexualité ne regarde que moi et certaines personnes triées sur le volet »
(n° 212- Handicap… Le guide de l’autonomie – Sylivie Allemand-Baussier, éd De la Martinière Jeunesse, coll. Hydrogène, p. 24)

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Agnès Vilan – IMC ? « Etre ignoré d’autrui dans la relation amoureuse parce que l’image que renvoie notre corps n’est pas désirable, c’est aussi abandonner, méconnaître, la part de soi-même que cette relation aurait pu révéler si elle était advenue. A mes yeux, cette privation que je n’ai pu jusqu’à aujourd’hui combler est bien plus difficile à endurer que toutes les incapacités fonctionnelles liées à mon handicap »
(n° 202- Mon corps et moi : quels accomodements à l’inattendu ? in Contraste – L’enfant handicapé et son corps revue de l’ANECAMSP 2ème semestre 2004 – n°21 p. 20)

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Paul Melki, « détraqué moteur  : « Je deviens un être fusant vers l’âge adulte, avec une dépendance accrue à ma famille. Comment accepter qu’on prenne soin de mon corps, comme un petit, alors que les stigmates de l’adolescence me chavirent. Je cherche à éviter ces moments de dépendance en laissant ma pensée errer. Je me surprends à imaginer que je suis une âme sans corps. Ce corps difforme et récalcitrant que j’exsude. Je gravis les dernières marches de l’enfance et j’en sors meurtri. Pour moi il faut séparer les soins du corps et les rapports d’esprit dans nos relations de trio. Je n’imagine pas que vous soyez toujours mes exécuteurs de soins. Je voudrais être l’objet de vos attentions uniquement spirituelles et intellectuelles. Je ne suis plus votre nouveau-né pour donner les soins du corps. Plus du tout Mum, non plus du tout ! C’est gênant ces soins de toi, ou alors moins. Une idée est lancée. Réfléchir sera notre projet à nous trois. Ce sont surtout les soins du corps qui me gênent. C’est une intimité volée. Je me sens mal en grandissant. Mum, je te porte aux nues mais je suis gêné d’être changé par toi. C’est ma honte d’être ainsi.
(n°235 « Journal de bord d’un détraqué moteur », Paul Melki, Livre de Poche , 2004, p. 61)

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Thomas, accidenté – « (la partie intime), c’est l’une des parties les plus difficiles, mais ce n’est pas la seule, mais oui, ça reste… y a un gros blocage à ce niveau-là parce que j’ai le sentiment de ne pas satisfaire, enfin, je sais ce que je pouvais faire avant, et depuis c’est différent, mais elle me dit que je me débrouille très bien donc voilà, je ne sais pas si c’est pour me faire plaisir ou si c’est réel, mais je le prends du bon côté, voilà »