Vivre en couple, fonder une famille

La vie de couple, quelle aventure ! Qu’est-ce qui fait qu’un couple se forme ? Qu’est-ce qui fait qu’une histoire d’amour se déroule bien… ou finit mal ?
Rien n’est écrit.

S’il était déjà formé avant, votre couple est bien sûr soumis à rude épreuve à l’annonce de votre déficience. Le type de relation, la qualité du dialogue, la confiance mutuelle qui caractérisaient votre couple avant l’annonce vont teinter la suite de votre histoire. La souffrance peut rapprocher, mais elle peut aussi diviser, parce que chacun la vit à son rythme, à sa manière, avec les mécanismes de protection souvent inconscients auxquels il peut se raccrocher.

Les rôles vont inévitablement se modifier, la vie intime va devoir s’adapter, les activités et même le niveau de vie vont sans doute être impactés. L’un et l’autre, vous allez être fragilisés, et vous allez changer. Il est possible que vos chemins se séparent, tout comme il est possible que cette expérience, très forte, augmente encore votre amour.

Votre couple s’est peut-être formé après l’annonce de votre déficience.

Quoi qu’il en soit, le couple est le lieu où l’on peut être soi-même, avec ses fragilités. Parce que votre partenaire vous aime, vous pouvez vous aussi vous aimer, vous accepter tel que vous êtes. Parce que vous aimez votre partenaire, vous pouvez le laisser approcher votre fragilité et il peut vous laisser voir la sienne.

Outre l’amour, le respect mutuel est indispensable pour que le couple soit bénéfique pour chacun des partenaires. Toute relation peut évoluer et ce n’est pas parce que vous êtes en situation de handicap qu’il vous faut tout accepter … ou qu’il vous est permis de tout attendre, de tout exiger.

La question d’être ou de devenir parents traverse la plupart des couples. Pour faire les bons choix, il faut pouvoir aborder, ensemble, des sujets délicats. Si votre déficience est d’origine génétique, il faut pouvoir s’interroger sur les risques de transmission. Si votre déficience affecte votre autonomie, ou l’évolution de votre santé, votre conjoint doit pouvoir évaluer comment il peut faire face. Toutes ces réflexions et bien d’autres vont vous amener à lever des tabous, à vous connaître encore mieux personnellement et mutuellement, et à assumer les décisions, quelles qu’elles soient.

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Témoignage anonyme – « Il m’est arrivé d’avoir une relation avec une femme. J’avais 36 ans.
On s’était rencontrés entre amis communs. Après quelques mois de fréquentation, j’ai décidé de mettre un terme à notre relation car j’avais l’impression que cette relation me tirait vers le bas. Nous n’avions pas la même vision des choses, les choses allaient tellement vite pour moi, elle voulait fonder une famille et moi je ne m’en sentais pas capable, surtout avec elle. Cela lui a fait beaucoup de peine.
J’ai rencontré une autre femme, avec laquelle j’aurai bien voulu vivre quelque chose, elle m’a rejeté et m’a précisé que ce n’était pas à cause de mon handicap mais m’a quand-même conseillé de me diriger vers des personnes de ma condition. Je l’ai très mal vécu.

49 A
« La parentalité m’a apporté une reconnaissance en tant qu’adulte que le fait de travailler ne m’avait pas apportée », explique Valérie B, aveugle et mère de deux enfants.
Oser être femme, Delphine Siegrist p.63, 64, 66

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Quand on a honte de soi, par réaction, on peut vouloir être aimé à tout prix. A rechercher excessivement l’amour, l’affection de l’autre, on risque de tout accepter, mots désobligeants ou agressifs par peur d’être quitté par son conjoint, rejeté par ses parents .On harcèle l’autre : « Dis-moi, pourquoi tu m’aimes ? », « C’est par pitié que tu es avec moi ? » au risque de tout perdre…
…. Pourquoi apprendre à dire son désaccord, quand on voudrait au contraire « être aimable » donc « aimé » ? On s’aperçoit malheureusement que dans les couples, celui qui est handicapé a peur de dire qu’il est mécontent que l’autre n’ait pas dressé la table, peur de dire qu’il ne veut pas faire l’amour ce soir… Pourquoi ? Par peur que l’autre ne l’aime plus, par peur d’être quitté pour quelqu’un d’autre et certainement pour quelqu’un de valide(…).Ne pas dire ce que l’on pense peut amener à des situations absurdes. Votre conjoint vous aime, il a choisi de vivre avec vous connaissant le handicap et ses contraintes. Etre vrai et naturel permet de construire sur de bonnes bases .

109 A
Une autre chance que j’ai eue est celle d’avoir fondé une famille. Ce n’était pas évident malgré tout ; Les circonstances, l’esprit d’ouverture, la compréhension , la qualité des sentiments, ont permis ce « miracle » qui a complété ma vie d’homme et qui a aussi été pour moi un énorme appui.

110 D
En dépit de tout, une chose merveilleuse m’est arrivée. J’ai rencontré, 6 ans après mon accident un homme exceptionnel…. Dans l’état où j’étais, aimer un homme. J’en étais gênée ; malgré tout j’eus l’impression qu’il devinait mes sentiments et qu’il n’avait pas envie de rejeter l’amour qui me tourmentait. Je ne comprenais plus mon corps, appauvri et laid, mutilé en l’espace d’une seconde par un accident de voiture…. Mais ce corps détesté renfermait tout à coup un cœur débordant d’amour. Comment pouvais-je imaginer qu’on puisse vraiment l’aimer, puisque j’étais absolument incapable de l’accepter ? Et bien Alexandre, merveilleux d’attention et de tendresse m’a donné tout son amour. Petit à petit il m’a apprivoisée.

110 E
Naissance de Ludovic. Malgré moi et bien que je leur doive beaucoup j’étais jalouse de ceux qui s’occupaient de Ludovic. Je ne pouvais jamais le câliner, le baigner, le langer. J’étais agressive envers toute aide.

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Thomas, accidenté – « Je me dis que certaines choses doivent lui manquer. Parfois j’ai l’impression de lui infliger mon handicap au quotidien et de l’empêcher de vivre certaines choses. Alors qu’elle me dit non, c’est totalement faux, j’ai été avec des hommes qui n’arrivent pas à ta cheville. J’ai du mal à y croire, parfois, mais voilà, si elle me le dit… c’est que c’est vrai, autant y croire »
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